EDITO

 

BIENVENUE SUR LE SITE !

 

Bonjour à tous!

 

Je suis AFREG, l'administrateur de ce site. Je ne suis pas psychologue, pas non plus médecin. Les articles de ce site Internet sont la synthèse de nombreuses années de documentation et de recherches sur le thème de la dépendance pornographique, ou pornodépendance.

 

Ma génération, celle des trentenaires, a eu très tôt un accès facile à la pornographie. Elle l'a connue par les films du samedi soir sur Canal +, et les magazines feuilletés à la hâte dans les tabacs-presse de gare. Elle l'a entretenue avec les scénettes de deux minutes trente téléchargés sur Emule. Elle s'est familiarisée précocement avec les kits payants, les codes Allopass, les abonnements mensuels.

 

Quand les hommes de ma génération sont venus au monde, le sigle X existait déjà. Et le X allait s'afficher partout, s'annonçant comme la norme culturelle du siècle à venir. Contrairement à nos parents, nous n'avons pas eu à nous cacher pour avoir accès à la vue des corps nus, et à l'exhibition des corps haletants en mouvement. A peine avons-nous à les chercher qu'ils se livraient déjà à nous.

 

Nous avons souhaité tout voir, alors nous avons tout vu, car tout nous était offert. Mais nous n'avons rien retenu, rien compris, rien déduit. Alors nous avons continué.

 

Ma génération a visionné et visionné des milliers de photos, de vidéos. Elle a surfé des centaines d'heures sur des millions de sites X, souvent gratuitement, parfois en payant. Accompagnée des générations suivantes, elle surfe encore sur l'une des 270 millions de pages à caractère pornographique du web mondial (1)

 

Des milliers de couples ont offert à notre boulimie d'images, la vue de leur intimité en mouvement. Des centaines d'entre nous se sont un jour fait passer pour des jeunes femmes de 18 à 25 ans échangeant des photos sexy d'elle-même, contre des photos d'autres de jeunes femmes tout aussi inventées. Les albums de collection des vignettes autocollantes de notre enfance ressuscitées, le travestissement, la luxure et le stupre en plus.

 

Les plus accros d'entre nous noient encore leur solitude devant de glauques liveshows, où ils demandent à des femmes dont ils ne connaissent même pas le véritable nom, de se doigter, de se goder sous leurs ordres. L'exigence des plaisirs tarifés, associé au confort de l'anonymat du Net.

 

Et quand il aurait fallu s'arrêter et réfléchir, nous avons choisi de continuer. Mais il a fallu se justifier; alors nous avons déclaré que tout cela n'était finalement pas grand chose d'autre, qu'un amusement d'adultes. On a voulu se convaincre que tous les hommes le faisaient; on a presque feint de croire que cela faisait de nous des hommes.

 

Ma génération a vu des femmes traitées comme des bouts de viande, et a cru que c'était du sexe.

Elle a vu de la violence, de la souffrance dans le sexe, et a baptisé cela le hard.
Elle s'est tellement habituée aux corps qui souffrent, aux corps qui crient, que plus rien ne l'a choquée.
Elle s'est tellement masturbée, qu'elle n'a même plus envie d'arrêter.
Elle s'est tellement blasée, que le sexe ne l'émeut plus.

 

Ma génération ne cherchait rien. Ca tombe bien, il n'y avait à trouver que le vide.

 

Vous n'êtes peut être pas arrivés sur ce site par hasard.

 

Seulement de la curiosité? D'accord! Mais peut-être cherchiez vous quelque chose de plus. Peut-être vous sentez vous mal, parce que vous savez que "quelque chose" ne va pas. Peut-être avez-vous l'impression que la pornographie est la cause de votre mal.

 

Peut-être la pornographie est-elle en train de vous détruire. Comment l'avez-vous compris?

 

Quand vous avez commencé à fantasmer de façon compulsive sur toutes les jeunes femmes de votre entourage, sans pouvoir vous arrêter?

Quand vous avez continué à vous masturber, alors que vous étiez pourtant engagé dans une relation?

Quand cette même relation s'est terminée à cause de la pornographie?

Quand vous vous êtes mis à attendre de votre compagne, qu'elle se comporte au lit comme une actrice X?

Ou peut-être quand vous avez commencé à devenir indifférent à la souffrance des corps derrière la caméra? Ou quand sexe et violence se sont dangereusement rapprochés dans votre esprit?

 

Peut-être avez-vous déjà essayé d'arrêter la pornographie. Peut-être avez vous réussi. Peut-être avez vous tenté, plusieurs fois. Peut-être avez-vous abandonné.

 

La pornographie est une drogue. Elle vous promet les plus beaux délices corporels, puis quand elle vous tient, elle vous rend tellement accro que vous ne pouvez plus vous en séparer.

 

Oui mais voilà, la pornographie, c’est une drogue légale. Pire, c’est une drogue ludique. Car le sexe dans nos sociétés se doit d'être joyeux. Si on ne le pense pas, c'est que l'on n'est pas dans la norme. Le troupeau se resserre autour des nouvelles idoles.

 

Et naturellement, ça n’a rien à voir si les agresseurs sexuels reconnaissent très souvent être de gros consommateurs de pornographie.

Ca n’a rien à voir non plus si la criminalité sexuelle des jeunes augmente, eux qui sont les premières cibles des pornocrates.
Ca n’a rien à voir si aujourd’hui, montrer une femme à poil dans la rue, ça ne gêne plus grand monde, tellement ça paraît normal.
Ca n'a rien à voir si les publicitaires utilisent le sexe à toutes les sauces, conscients de son pouvoir d'imprégnation.

 

J’ai élaboré le concept de ce site il y a déjà douze ans, quand j'ai pris conscience qu'il fallait aller plus loin que ce qu'on voulait nous montrer. Et si vous êtes ici, c'est que vous aussi, vous souhaitez aller plus loin que les pixels de l'image pornographique.

 

Que vous soyez curieux, intrigué, sceptique, en quête de réponses ou à la recherche d'aide, soyez le bienvenue.

 

AFREG - 4ème version de l'édito - décembre 2016.

 

 

 

 

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Source:

 

01. "Le porno en chiffres", par Eva Grau, pour Femina.ch, 9 janvier 2012, citant un chiffre du site www.toptenreviews.com. L'article rappelle que 224 661 900 pages à caractère pornographie sont hébergées aux Etats-Unis, et que ce nombre représente 89% du contenu mondial, d'où une extrapolation à 270 000 000 de pages au niveau mondial.