A VOIR, A LIRE - LES FILMS

 

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HOT GIRLS WANTED (DOCUMENTAIRE)

DISPONIBLE SUR LE RESEAU NETFLIX DEPUIS LE 21 AVRIL 2017 (FRANCE)

Réalisé par Jill Bauer, Ronna Gradus, Rashida Jones

 

"Deux ans après le succès de Hot Girls Wanted, documentaire sur le porno amateur diffusé sur Netflix, la plateforme lance le 21 avril un docu-série en 6 épisodes, sous-titré Turned On, sur l'industrie pornographique (...)

Sans concession, l'équipe suivra l'histoire de personnes dont les vies ont été affectées par l'explosion d'internet, où les réseaux sociaux, la pornographie et les relations virtuelles sont à portée de clic. Chaque épisode s'intéressera à la relation qu'entretiennent sexe et nouvelles technologies entre intimité, connexion, déconnexion, auto-promotion et genres. Le tout analysant la façon dont l'interaction virtuelle est venue altérer les liens entre les gens (...)"

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18661501.html

 

 

Fort du succès rencontré par leur documentaire Hot Girls Wanted, qui suivait de jeunes américaines se lançant à corps perdus dans d'éphémères et destructrices carrières d'actrices pornographiques, Jill Bauer, Ronna Gradus et Rashida Jones reviennent avec une sorte de suite sous forme de six épisodes de 45 à 55 minutes environ. L'ensemble est de qualité inégale. Le premier épisode est un naïf clip de promotion pour la pornographie pour femmes, tandis que le deuxième, sans grand intérêt, suit les aventures sentimentales d'une ancienne gloire de la téléréalité britannique.

 

Les quatre épisodes suivants sont par contre beaucoup plus intéressants.

 

L'épisode 3, "Il faut contrôler son propre contenu", suit Bailey, actrice X et également recruteuse de jeunes femmes pour l'industrie du porno. Bailey est persuadée que la clé pour durer dans ce milieu est de contrôler ce qu'on montre, et de garder la main sur les canaux de diffusion. Elle veille comme une poule sur ses poussins aux jeunes "talents" qu'elle lance sur le marché. Mais sa méthode ne fonctionnera pas avec Bonnie, jeune femme naïve se laissant griser par la drogue et qui par soif de reconnaissance, acceptera de faire ce qu'elle avait juré de ne jamais réaliser, à savoir tourner avec des hommes - pour Bailey et ses actrices, se cantonner aux scènes solo et aux scènes entre filles semble procurer un sentiment de protection de son image, tandis que tourner avec des hommes est apprécié comme une sorte de non-retour, celui qui fait chuter une fille dans la masse des actrices kleenex.

 

L'épisode 4, "L'éjac", est assez fourre-tout, mais reste intéressant parce qu'il aborde deux thèmes importants du X: la pornographie interraciale et les clichés qu'il véhicule, et le goût du public pour les mises en scène violentes à la limite du simulacre de viols. Le titre de l'épisode vient du fait que dans le milieu, la qualité d'un acteur est notamment jugé par sa capacité à produire à la caméra une impressionnante éjaculation sur le corps de l'actrice.

 

L'épisode 5, "Passons en privé", nous présente Alice, cam-girl américaine qui compte depuis de nombreuses années parmi ses clients fidèles Tom, un Australien mal dans sa peau n'ayant jamais eu de vie intime. Au fil des quatre années de leurs échanges, ils pensent avoir développé l'un pour l'autre une relation plus personnelle que le simple échange payeur-modèle érotique qu'autorise la webcam. Alice et Tom choisissent de se rencontrer pour de vrai, et à la lueur de leurs différences, réalisent que les personnages qu'ils sont en réel sont éloignés des images qu'ils se sont construits derrière leurs ordinateurs.

 

L'épisode 6, "N'arrête pas de filmer", suit Marina, jeune femme de 18 ans poursuivie par la justice américaine pour avoir sciemment diffusé via Périscope le viol en direct d'une amie. L'intérêt du documentaire vient du fait de voir que Marina, utilisatrice assidue de l'application, est tellement blasée par la diffusion du contenu sexuel via cette plateforme qu'elle l'a complètement normalisée, et a perdu de vue toute gravité de ce qu'elle était en train de filmer, galvanisée par les encouragements des utilisateurs voyeurs et coupables de l'application.

 

AFREG - Juin 2017

 

 

 

PORNOCRATIE: LES NOUVELLES MULTINATIONALES DU SEXE

PREMIÈRE DIFFUSION LE 18 JANVIER 2017 (CANAL +)

Réalisé par Ovidie

 

Description Canal + (extraits):

"En six ans, l'humanité a regardé l'équivalent de 1,2 million d'années de vidéos pornographiques, et plus de cent milliards de pages sont visitées chaque année sur des sites de streaming. À eux seuls, YouPorn et PornHub représentent aujourd’hui 2 % de la bande passante d’Internet (...)
Pourtant, le milieu du X n’a jamais été aussi mal en point. Les studios de production mettent la clé sous la porte et les premières victimes sont les femmes. Des milliers d’actrices contraintes de tourner des scènes deux fois plus hard, pour deux fois moins d’argent. À l’origine de ce bouleversement, les plateformes de streaming comme YouPorn et PornHub qui proposent sur Internet une offre illimitée de vidéos gratuites, alimentée par des films X piratés en toute illégalité
(...)

 

Avec PORNOCRATIE, Ovidie nous plonge à l’intérieur d’un univers méconnu et dénonce les souffrances humaines et la catastrophe économique que ce nouveau système a engendrées (...)"

Source: http://www.canalplus.fr/infos-documentaires/pornocratie/pid8750-le-film.html


Dans A quoi rêvent les jeunes filles, en 2015, Ovidie s'intéressait à qui réalisaient la pornographie. Dans Pornocratie, elle s'intéresse à comment elle se vend, consacrant l'essentiel de son reportage aux tubes, ces sites gigantesques gratuits indexant des millions de vidéos pornographiques au mépris de toute forme de propriété intellectuelle. Son enquête, qui l'emmène en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Allemagne ou bien encore au Luxembourg, l'amène à s'intéresser à ce qu'il y a derrière ces tubes, à savoir des montages financiers douteux et des pratiques d'évasion fiscale. Elle s'intéresse plus particulièrement à Mindgeek, leader mondial du secteur, dans une telle position de domination qu'il est aujourd'hui impossible d'avoir un discours critique envers cette nébuleuse sans finir blacklisté du monde de la pornographie. Elle constate, amère, que le règne des tubes est en train de finir de balayer ce qui reste des structures professionnelles historiques, et a fait définitivement basculé le porno dans l'ère de la surenchère de la violence des corps et de l'exploitation des actrices. En bout de chaîne, elle s'entretient aussi avec des modèles webcams qui, pour se sortir de la misère, enchaînent chaque jour les heures de shows érotiques au profit de multinationales ponctionnant la majeure partie de leurs bénéfices.

 

Je reprocherai au reportage un certain angélisme vis à vis de "l'ancien porno", celui d'avant les tubes, celui qu'a connu Ovidie en tant qu'actrice X. Ovidie semble expliquer que la surenchère des pratiques serait dûe à l'avènement des tubes, nés vers le milieu des années 2000. Toutefois, la généralisation du porno hard avait déjà débuté dès le début des années 1990, sous l'influence de la nouvelle génération de producteurs et de réalisateurs fort peu marqués par les élans artistiques de leurs aînés; cette même génération qui aujourd'hui s'apprête à disparaître sous le règne des tubes. Les tubes auront surtout eu pour effet de mettre à terre les derniers espoirs d'un contrôle juridique de la pornographie en ligne, et aussi, comme le montre Ovidie, d'accentuer la paupérisation des acteurs et actrices en bout de chaîne.

 

Un reportage dont je conseille malgré tout le visionnage, l'analyse de la pornographie comme modèle économique étant un thème particulièrement intéressant et traité ici avec beaucoup de clarté.

 

AFREG - Juin 2017

 

 

 

 

 

THE PORNOGRAPHER

1999, SORTIE DU DVD FRANCAIS: 01 FEVRIER 2002

Réalisé par Doug Atchison, avec Michael Degood, Craig Wasson, Monique Parent. Katheryn Cain

 

L'histoire:

 

Verso du DVD:

"Paul Ryan ne pense qu'au sexe. Incapable d'assurer une relation normale avec une femme, il collectionne les cassettes X, fréquente sex-shops et clubs de strip-tease... Vient le jour où Paul réalise en amateur un petit film porno. Une manière de se faire plaisir et de passer au niveau supérieur: tourner de vrais pornos"

 

Paul est un pornodépendant "complet": consommateur de pornographie depuis l'âge de 10 ans, il a assimilé des milliers d'heures de visionnage de films X, est un client récurrent d'un club de strip-tease, et la seule relation amicale qu'il semble avoir développé est avec une prostituée dont il est un client fidèle. Paul, afin d'oublier ses difficultés à nouer des relations normales avec les femmes, s'est complètement et définitivement réfugié dans la pornographie.

 

Une partie de lui a conscience de sa pornodépendance: il sait que ses pulsions l'emmène vers des films au contenu de plus en plus rude; il semble de plus en plus blasé par ce qu'il regarde, et a juré - avant d'y revenir ! - de ne plus remettre les pieds dans un club de strip-tease. Mais une autre part de lui, dominante, est véritablement admiratrice de pornographie: Paul ne semble jamais autant heureux que lorsqu'il rencontre un producteur X influent et une ancienne gloire du milieu, envers lesquels il se comporte comme un fan. Cette admiration le rend sourd aux propos de son entourage s'inquiétant de son amour du porno, ainsi qu'aveugle aux tentatives de manipulation dont il fait preuve. Lorsqu'il rencontre une jeune femme qui pourrait être la partenaire affective dont il a toujours rêvé, il doit choisir entre ses sentiments naissants pour elle, et la sacrifier afin de réaliser son rêve de devenir un réalisateur reconnu de films X. Le personnage de Paul illustre donc parfaitement cette dualité du dépendant: alors que ses collègues le voient comme un "bon garçon", il se mue en prédateur afin de pouvoir accéder à son rêve de devenir réalisateur de films pornographiques.

 

AFREG - Septembre 2016

 

 

 

 

 

A QUOI REVENT LES JEUNES FILLES ?

DIFFUSE LE 19 JUIN 2015, EMISSION INFRAROUGE (FRANCE 2)

VISIBLE ENTRE AUTRES SUR YOUTUBE

Réalisé par Ovidie

 

 

Description Youtube :

"La pornographie est à la portée de tous. Serait-elle en fait le meilleur ennemi de la liberté sexuelle? Qu'en pensent les jeunes filles ?
Les messages érotiques et les images d'inspiration pornographique s’affichent partout : sur Internet, sur les murs des villes, dans les messages publicitaires... Cette visibilité ordinaire modifie-t-elle le rapport au sexe des nouvelles générations? Ovidie, militante « pro-sexe », réalisatrice et blogueuse a enquêté une année auprès des jeunes femmes françaises. Elles se confient en toute liberté et laissent entrevoir une société en mutation, où les combats féministes n'ont rien perdu de leur urgence."

https://www.youtube.com/watch?v=kZQ8GUDscOw

 

Le documentaire commence par l'aveu d'un échec, celui de sa narratrice, la réalisatrice de films pornographiques Ovidie, qui pendant longtemps a cru pouvoir faire triompher un "autre porno" fantasmé et qui ne peut que constater la victoire incontestable d'images qu'elle a toujours considérées avec scepticisme.


Ovidie passe ici la parole aux jeunes filles nées à l'aube des années 1990, génération Y pour qui le X a toujours été une partie intégrante de leur sexualité. Rédactrice cul, jeune réalisatrice de courts-métrages érotiques, elles évoluent avec lucidité dans un monde où l'épilation intégrale, la sodomie et l'exhibition de son intime en ligne semblent presque constituer des normes générationnelles. Lucides, elles se reconnaissent elles-mêmes victimes d'une mode qu'elles appréhendent avec une frappante maturité. Déjà, elles sont inquiètes à leurs jeunes âges quant aux évolutions et tendances à venir, comme par exemple la réduction des lèvres vaginales dans un élan constant de "poupéisation" du corps féminin.


Fataliste, la jeunesse montrée ici ne rêve pas de changer les choses, contrairement à ce qu'a pu ambitionner à son âge la grande soeur Ovidie. Le documentaire tient beaucoup de son intérêt de par les fines analyses de cette dernière, parti pris de par son choix de carrière, mais suffisamment honnête avec son spectateur pour ne pas jouer la partition de la vie en rose.

 

A préciser qu'Ovidie, suite à la première diffusion de ce reportage, a reçu beaucoup de réactions, et a souhaité expliquer qu'elle regrettait que des citations de son reportage soit utilisé dans des discours anti-porno. Ses éclaircissements sont disponibles ici.

 

AFREG - Mars 2016

 

 

 

 

HOT GIRLS WANTED (DOCUMENTAIRE)

SORTIE SUR LE RESEAU NETFLIX LE 29/05/15 (FRANCE)

Réalisé par Jill Bauer, Ronna Gradus

 

L'histoire:

 

"Elles ont 18 ou 19 ans, et elles rêvent de gloire et d'argent facile. L'industrie du porno les attire dans ses filets avec de fausses promesses et les utilisent le temps de quelques scènes X..".

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=233986.html

 

Ce documentaire choc, présent en compétition au festival de Sundance 2015, narre les histoires tristement similaires de jeunes filles américaines qui, à peine leur majorité atteinte, plaquent famille et études pour se lancer dans une carrière dans le X. Toutes ont un commun un attrait pour cet argent qui semble facile, et pour la notoriété rapidement acquise sur les réseaux sociaux. Chacune d'entre elles intègre par petite annonce le même réseau de tournage de vidéos amateures, géré par l'unique homme de la bande, commissionnant les filles sur chaque prestation filmée.

 

Le documentaire choisit le déroulement chronologique; au fil des jours, des semaines, des mois, les rêves de gloire et de richesse des héroïnes se fânent en illusions perdues. Toutes finissent par comprendre qu'elles ne sont que des produits jetables, que leur intérêt principal vient de la nouveauté de leur plastique, et de leur naïve candeur post-adolescence qui déjà leur échappe.

 

L'excitation des débuts est du passé, tout espoir de plaisir sexuel dépassé. Celles qui veulent durer doivent accepter des tournages avec des pratiques de plus en plus violentes; celles qui veulent quitter le porno doivent gérer le retour à une vie "normale" dans un monde où leurs amis, leurs voisins, leurs parents auront forcément vu ses images de leur corps exposé. L'ensemble du reportage est illustré de données chiffrées glacantes sur la consommation de porno en Amérique.

 

Attention, dépendants: si le documentaire ne comporte pas de scène sexuellement explicites, le traitement choc du sujet a obligé ses réalisatrices à diverses inserts suggestifs, dont l'effet est certes atténué par la nature du discours tenu.

 

AFREG - Juillet 2015

 

 

 

 

 

 

MEN, WOMEN AND CHILDREN

SORTIE CINEMA LE 10/12/14 (FRANCE) SORTIE DVD (FRANCE) LE 12/05/15

Réalisé par Jason Reitman, avec Ansel Elgort, Jennifer Garner, Adam Sandler

 

L'histoire:

 

"Men, Women & Children brosse le portrait de lycéens leurs rapports, leurs modes de communication, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et leur vie amoureuse. Le film aborde ainsi plusieurs enjeux sociétaux, comme la culture des jeux vidéo, l’anorexie, l’infidélité, la course à la célébrité et la prolifération de contenus illicites sur Internet. Tandis que les personnages s’engagent dans des trajectoires, dont l’issue est parfois heureuse et parfois tragique, il est désormais évident que personne ne peut rester insensible à ce bouleversement culturel qui déferle sur nos téléphones, nos tablettes et nos ordinateurs.
Avec Ansel Elgort, la star de "Nos étoiles contraires".

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=223753.html

 

 

Le film présente les destins entremêlés d’adolescents ultraconnectés les uns aux autres, mais qui ne savent plus vivre leur vie sans la faire défiler devant un écran. Parmi la galerie de portraits exposés par le film, nous trouvons Don, lycéen d’une quinzaine d’années accroc à la pornographie. Don, consommateur de porno depuis l’âge de dix ans, n’a jamais connu d’autre approche de la sexualité que celle des pixels taille triple X. Dans sa famille, on ne parle pas de sexualité, on ne se parle pas d'ailleurs que rarement: le seul échange prolongé que tient Don avec ses parents est due aux nécessités d’un devoir de classe. Il « partage » cependant sans le savoir le goût de la pornographie avec son père, qui a pris l’habitude d’utiliser en cachette l’ordinateur de son fils pour se rendre sur les mêmes sites que lui.

Don prend peu à peu l’habitude de se masturber devant le site coquin animé par une camarade de classe, mais se révèlera incapable d’avoir une érection satisfaisante en face de cette dernière quand ils seront amenés à partager le même lit. Sa conquête, se sentant rejetée, préférera couper les ponts avec l’adolescent, à qui elle attribue « de graves problèmes sexuels ».

Don est au paroxysme de la pornodépendance : prisonnier de la distanciation imposée par les écrans, il se révèle parfaitement incapable de fantasmer in real life, même quand le sujet de ses fantasmes en ligne s’offre à lui. Le film est particulièrement cruel avec les deux anciens amants, seuls protagonistes à ne pas voir leur horizon s’éclaircir à l'ouverture du générique de fin..

AFREG - Juillet 2015

 

 

 

THANKS FOR SHARING (ACCROS AU SEXE)

SORTIE CINEMA LE 18/10/13 (QUEBEC) SORTIE DVD (QUEBEC) LE 07/01/2014

Réalisé par Jason Reitman, avec Mark Ruffalo, Tim Robbins, Gwyneth Paltrow

 

L'histoire:

 

"Ayant dû vivre avec les conséquences de sa dépendance au sexe durant des années, Adam a fini par reprendre le contrôle de son existence grâce à la thérapie de groupe, franchissant à présent la barre des cinq ans de « sobriété ». Lorsque l'homme fait la connaissance de Phoebe, il doit alors passer à une nouvelle étape dans son cheminement en apprenant à bâtir une vie de couple sans se laisser envahir par ses vieux démons. De son côté, Mike, qui a aidé Adam à s'en sortir, voit soudainement son propre passé trouble refaire surface lorsque son fils, lui-même toxicomane, effectue un retour inattendu au domicile familial. "

http://www.cinoche.com/films/accros-au-sexe/index.html

 

 

 

Le film suit un petit groupe de dépendants en proie aux troubles de leur addiction, qu’il s’agisse de sexe, de pornographie ou d’alcool.

On y trouve notamment:

- Mike, ancien polydépendant, parrain et modèle spirituel de la communauté, qui semble avoir définitivement distancé ses anciens démons, et œuvre aujourd’hui à transmettre son expérience;
- Adam, addict au sexe en sevrage depuis cinq ans, en passe de devenir le parrain de Neil, nouvel arrivant dans le programme;

- et Neil donc, qui se trouve contraint de suivre le programme après que sa dépendance au sexe l’ait amené à des déboires judiciaires et à la perte de son emploi.

 

A trois niveaux de sevrage différents, tous apprennent à reconstruire leur vie tant bien que mal;
Adam essaie de bâtir une histoire affective avec une jeune femme, mais n’arrive pas à communiquer avec elle quant à son passé d'addict. Neil, despérément isolé, ne trouve son salut que dans l’amitié de Didi, elle aussi dépendante au sexe. Le fils devenu adulte de Mike frappe à la porte de son père pour lui rappeler combien toutes ses années de dépendance se sont révélés destructrices pour leur famille.

Dans chaque cas, le film insiste sur le fait que le sevrage provient de l’invididu, et que les réunions des dépendants sexuels anonymes ne sont que des béquilles :« C’est un programme pour ceux qui en veulent, pas ceux qui en ont besoin », le rappelle Mike. Chacun comprend que les tentations seront nombreuses sur la route du sevrage, et que les risques de rechute sont bien réels.

 

AFREG - Juillet 2015

 

Un avis différent ?

Un utilisateur du site m'a envoyé son propre avis sur ce film - je l'en remercie. N'hésitez pas à me faire parvenir vos critiques, même si elles vous semblent aller au contraire des miennes !

 

Thanks for sharing ("Merci d'avoir écouté mon partage") aborde de front le rôle des groupes de paroles dans le traitement de l'addiction au sexe.

Thanks for sharing (titre canadien en français "Accrocs au sexe") est un film extrêmement intéressant dans son approche de la dépendance sexuelle, en mettant en scène trois profils de participants à un "groupe de partage", l'équivalent pour l'addiction à la pornographie des groupes des Alcooliques Anonymes.

 

Les trois profils de participants sont un repentant aguerri, Mike joué par Tim Robbins, affichant plus de 15 ans de sobriété au sexe et à l'alcool, un repentant expérimenté, Adam joué par Mark Ruffalo, qui fête ses "5 ans de sobriété" et souhaite recommencer à vivre une vie amoureuse et enfin un addict tout juste entré dans un groupe, Neil joué par Josh Gard, qui doit trouver ses ressorts intérieurs pour rechercher la sobriété qui est nécessaire à son bonheur.

 

A côté de ces personnages très touchants et véridiques, le scénariste nous a placé la chanteuse Pink, jouant avec énormément de talent une "addict" féminine et Gwyneth Paltrow, qui tout en faisant battre le coeur d'Adam nous fait fait comprendre que l'addiction peut se nicher dans plein d'endroits différents. Il nous présente aussi le fils de Mike, un addict au crack, dont on comprend l'addiction au regard de celle de son père.

 

Ce film nous montre à la fois la fragilité des êtres, toujours proches de la rechute au moment même où ils se croient tirés d'affaire et la formidable force du collectif qui permet aux dépendants de s'appuyer les uns sur les autres quand tout part de travers. Il nous fait voir aussi combien les "dépendances" multiples sont le fruit d'un construit social, notamment de l'individualisme et de l'anonymat des grandes villes, et aussi d'histoires psychologiques personnelles uniques, des représentations parentales, entre autres.

 

Ce film est aussi très "doux" avec ses personnages, ne les juge pas et continue de croire en eux: il est dommage qu'il n'ait pas reçu une meilleure critique et qu'il n'ait pas été diffusé en France: peut-être est-il perçu à tort comme "moralisateur" ou bien la société actuelle refuse-t-elle de considérer l'addiction au sexe comme la maladie morderne qu'elle est?

 

"Thanks for sharing" est sorti en DVD le 7 janvier 2014 aux USA.

 

Un utilisateur du site.

 

 

 

 

 

 

DON JON

SORTIE CINEMA LE 25/12/13 (FRANCE) SORTIE DVD (QUEBEC) LE 31/12/13

Réalisé par Joseph Gordon-Lewitt, avec Joseph Gordon Lewitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore.

 

L'histoire:

 

Jon Martello est un séducteur, habitué à ramener une nouvelle femme dans son lit après chaque sortie en boîte. Pourtant il ne trouve pas autant de plaisir dans cette sucession d'étreintes, que dans le porno qu'il visionne tous les jours sur son ordinateur portable. Il rencontre un soir Barbara Sugarman, jeune femme auprès de laquelle il aspire à une véritable vie à deux, mais dont les aspirations romantiques paraissent bien éloignées de sa propre conception des rapports de couple.

 

Le sujet du film n'est pas tant la dépendance à la pornographie de son héros, mais bien ses errances amoureuses. Le scénario vise donc surtout à montrer l'incapacité de Jon et de Barbara à se construire une vie de couple, tant leurs visions des choses sont différentes. La consommation de porno de Jon ne devient d'ailleurs un problème pour lui qu'à partir du moment [attention spoiler] où elle met gravement en péril son couple - l'incapacité de Jon à arrêter de consommer du porno étant présentée comme la principale cause de sa rupture sentimentale.

 

Le film dresse de manière plutôt juste quelques unes des grandes ambivalences du pornodépendant: le fait que son héros consomme du X alors qu'il a accès à de nombreuses partenaires sexuelles, le fait qu'il consomme de la pornographie même après avoir fait l'amour à une femme dont il se sent amoureux, ou bien encore son obstination à vouloir continuer à consommer du porno malgré le très clair ultimatum déposé par sa compagne. La scène de la dispute, où le héros nie consommer du porno alors que sa copine vient de le prendre en flagrant délit, est une de plus juste du film. Ces descriptions lambda de la vie d'un dépendant valent à elles seules un visionnage du film, tant nombre de dépendants s'y reconnaîtront.

 

Cependant, on peut que déplorer qu'il n'y ait finalement rien de bien creusé derrière ces descriptions: le film n'apporte aucun message critique (ni dans un sens ni dans l'autre) sur le porno ou sa consommation. Les habitude de Jon en matière de consommation de pornographie sont présentées, mais très peu exploitées par le récit. Les questions liées au sevrage du héros sont rapidement expédiées, et le X sort presque intégralement de l'histoire au bout des deux tiers du film. La dernière partie du film se noie dans un mélo romantique, où Jon découvre l'amour, le vrai, auprès d'une femme amatrice d'un porno élitiste, qui l'invite tout de même à réduire la consommation du X qu'il trouve sur Internet. Une manière peut-être pour le réalisateur-acteur d'expliquer au tout Hollywood qu'il n'est tout de même pas "anti porno", et de garder une certaine distance avec son sujet.

 

Au final, on se rend compte que le porno n'a été qu'un élément de décor pour présenter le personnage central du film. Il s'agit vraisemblablement d'un recalibrage du scénario: à en croire la masse des articles ayant précédé la sortie du film, ce dernier devait placer la dépendance au porno de son héros au centre de l'histoire - le titre initialement prévu était d'ailleurs Don Jon's Addiction, "L'addiction de Don Jon", ce qui est assez explicite sur quel devait être le fil conducteur du scénario initial.

 

AFREG - Janvier 2014

 

 

 

 

SHAME (FILM)

SORTIE CINEMA LE 07/12/11 SORTIE DVD (FRANCE) LE 18/04/12

Réalisé par Steve Mc Queen, avec Michael Fassbender

 

L'histoire:

 

Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie... (source: Allociné, http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=185457.html)

 

Pourquoi je n'ai pas aimé Shame.

 

Certes, on reconnaîtra aisément ici les principales manifestations de la pornodépendance: la solitude, l'irritabilité du héros quand on fouille dans ses affaires, l'importance cruciale de l'ordinateur dans sa vie, ou bien encore la peur d'être surpris en pleine activité masturbatoire.

 

Mais le héros du film, Brandon, est loin, très loin de l'image du dépendant lambda.

 

Ce qui caractérise le dépendant sexuel, ce n'est pas uniquement sa soif de sexe, mais également le fait que cette soif finit pas ne plus pouvoir être satisfaite. Le dépendant finit tôt ou tard par se heurter à une sorte de plafond de verre: un plafond "social" (il n'est pas assez beau, sa position sociale n'est pas assez élevée pour accéder à toutes les femmes qu'il désirerait posséder), un plafond "conjugal" (le dépendant est engagé dans une relation de couple, qu'il craint de voir mise en péril par la découverte d'une relation adultérine), ou bien encore un plafond financier (les escorts, les prostituées représentent un budget que le dépendant ne peut pas ou ne peut plus s'offrir). Quand le dépendant se heurte à l'un de ses trois plafonds, et qu'il ne peut donc plus consommer comme il le souhaiterait, il manifeste des états de frustration très prononcés; ces états sont symptomatiques de sa dépendance.

 

Le héros du film n'apparaît concerné par aucun de ces plafonds. Brandon est un trentenaire séduisant, athlétique. Il semble voué à une carrière prometteuse , la taille de son loft new-yorkais indique qu'il ne manque pas d'argent.

 

Brandon est donc hors-norme, et c'est bien parce qu'il est hors-norme qu'il sombre dans la dépendance sexuelle. Personnellement, Brandon me fait surtout penser à Patrick Bateman, le tueur d'American Psycho; tous deux partagent un même amour de leur corps, une certaine froideur. Les deux films se terminent [attention, spoiler!] sur la figure de nos deux héros dépassés par leur propre apothéose (un dernier bain de sang pour Bateman; un triolisme débridé avec les escorts-girls pour Brandon)

 

Difficile donc de s'identifier pleinement à ce personnage, dont la dépendance rime plus souvent avec la luxure (à l'exception notable de la scène dans les backgrounds de la boîte gay, Brandon ne fréquente que des escorts girls de luxe), qu'avec la frustration.

 

AFREG - Novembre 2012

 

 

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AFREG - 7 ème version de la page - juillet 2017.

 

 

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