COMPAGNES DE DEPENDANTS :

AIDER ET ETRE AIDEES

 

 

La dépendance à la pornographie ne concerne pas uniquement les consommateurs de contenu, mais aussi leurs compagnes. Celles ci-vivent en effet dans une certaine souffrance l'addiction de leurs conjoints.

 

D'abord, parce que le pornodépendant a quasiment toujours tendance à chercher l'isolement pour pouvoir consommer. Il n'a en effet absolument pas envie que sa partenaire découvre son problème (quand lui même en a conscience). Aussi, il va attendre que cette dernière soit partie, ou bien endormie, pour s'adonner à sa consommation. Mais s'il ne peut ne consommer, il a va devenir irritable, agressif: c'est la manifestation du manque. La vie du couple peut alors rapidement devenir une alternance de moments de pseudo-tranquillité (où le dépendant a pu consommer) et de moments de tensions causées par la frustration de l'addict.

 

Ensuite, parce que le pornodépendant en couple a une certaine tendance à traiter sa compagne avec distance, voire désintérêt. Ses centres d'attractions se sont réorientés autour de la satisfaction de son addiction, et ce au détriment de la vie conjugale. Les relations sexuelles du couple pâtissent de ce manque d'attention: ces dernières sont souvent ternes, mécaniques, démunies de tendresse et d'affection. Beaucoup de compagnes de dépendants témoignent de leur impression d'être "utilisées" par leur compagnon, et non plus d'être traitées comme l' être aimé.

 

Mesdames, mesdemoiselles, peut-être faites-vous vous-même face à ces difficultés. Avez vous l'impression que votre compagnon est devenu distant, froid avec vous? Comme si quelque chose "clochait".

Peut être avez-vous déjà capté des signes de sa consommation: une revue X qui traînait, un répertoire mal caché sur le PC familial, un historique Internet accablant.

Peut-être même avez-vous déjà essayé d'en parler avec lui; mais vous vous êtes alors heurté à un mur. Ou bien encore, votre partenaire a reconnu son problème, mais vous ne savez pas comment l'aider.

 

Quelque soit la façon dont vous avez appris la dépendance à la pornographie de votre conjoint, il est normal que vous vous sentiez perdue, trahie. Le présent article est là pour vous aider, vous, à la fois en tant que soutien de dépendant, mais aussi victime collatérale du phénomène. Oui, votre compagnon a besoin qu'on l'aide; mais vous aussi, vous avez le besoin d'être écoutée et comprise.

 

I. VIVRE AVEC UN DEPENDANT: AIDER ET SUPPORTER

 

A. ACCEPTER TOUS DEUX LE PROBLEME, MAIS SANS COMPROMISSION

 

Ne pas minorer la réalité

 

Il est peut être tentant, pour une compagne de dépendant, de faire comme si elle n'avait rien vu. D'essayer de se convaincre que tout cela, après tout, ne serait pas si grave. Et que tout cela va peut-être finir par passer, que l'on peut "vivre avec".

 

Oui mais voilà, le hic, est que vous ne pouvez justement pas vivre avec. Parce qu"il est vrai que la consommation de votre compagnon vous gêne. Vous vous sentez trahie, trompée par ces longues heures de surf, de recherches de photos ou de vidéos d'autres femmes nues. Vous souhaitez vraiment que votre conjoint arrête tout cela. Alors pourquoi faire semblant que tout cela ne vous touche-t-il pas? Si tout cela était anodin, vous ne vous sentireriez pas aussi mal. Vous avez peut être peur de sa réaction. Mais pensez-vous que les choses iront mieux en vous taisant?

 

Votre compagnon nie peut-être tout ou partie de son problème. Ne commettez pas la même erreur que lui: acceptez le problème afin de pouvoir l'affronter. Pour pouvoir vaincre ce fléau, il va vous falloir être capable d'en parler l'un à l'autre. Apprenez à en discuter ensemble, sans juger votre conjoint. Posez-lui toutes les questions nécessaires à votre compréhension. Evitez toutefois celles qui ne serviront qu’à ruminer votre rancœur, ou à alimenter votre vengeance; cela ne serait profitable ni à lui, ni à vous.

 

Refuser tout "arrangement" avec le sevrage

 

Lorsque vous allez le mettre devant "le fait accompli", ne vous attendez pas à ce que votre compagnon renonce facilement à ses shoots quotidiens de pornographie!

 

Certains vont s'énerver, crier à la violation de leur jardin secret, argumenter que vous n'aviez pas le droit de fouiller dans leurs affaires. D'autres vont tenter de "négocier", en proposant par exemple un plafonnement de leur temps de consommation. Les dépendants de type III (consommateurs d'escorts et/ou de prostituées) pourraient être tentés de promettre de "se limiter" à, par exemple, une seule viste extraconjugale par semaine ou par mois.

 

Plusieurs états d'esprit peuvent expliquer qu'un futur ex-dépendant tente de "négocier" le terme de sa vie d'addict:

- il n'a pas encore pleinement pris conscience de son état, et pense que vous "exagérez"; il trouve que consommer de la pornographie n'est pas "si grave" que les "effets secondaires" ne sont pas aussi terribles que vous le présentez; éventuellement il affirme que de toute façon tous les hommes consommeraient de la pornographie (ce qui est faux): c'est le déni.

- il a effectué la prise de conscience nécessaire à son sevrage, mais ressent une véritable angoisse à la pensée d'échouer. L'idée de se faire encore plus mal en rechutant peut le traverser: c'est la peur de l'échec.

- le dépendant se doute qu'il va souffrir en essayant d'arrêter le pornographie: la peur des états de manque est aussi symptomatique de toute addiction, et elle peut elle aussi expliquer la recherche de solutions de "consommations négociées".

 

Ne prenez pas les éventuelles tentatives de négociation de votre compagnon comme des affronts, car elles ne sont finalement que les aveux de ses peurs insconcientes; mais refusez cependant toute compromission sur le sevrage.

 

En effet, négocier, c'est accepter la pratique. Se sevrer, c'est dresser une ligne entre la pornographie et soi; peu importe le nombre de pas faits derrière cette ligne car c'est bien son franchissement qui constitue la rechute. Par exemple, si vous acceptez une seule sortie extraconjugale par mois, alors vous cautionnez le principe même de ces sorties. Vous légitimez votre compagnon dans sa pratique; ce dernier n'appréhendera donc pas l'impact de son comportement sur votre relation, puisque pour lui, cette entorse conjugale a fait l'objet d'un accord. Il restera donc sourd à votre propre colère. De plus, si vous voulez un jour revenir sur cet engagement, votre compagnon risquerait de vous reprocher votre soudaine intransigeance. Etre ferme sur la nécessité que le sevrage soit complet dès son début, ne peut que vous être profitable, aussi bien à votre compagnon qu'à vous-même.

 

Inutile de vous faire des illusions. Qu'il s'agisse d'une limitation du nombre relations extraconjugales ou d'un seuil de tolérance de consommation de porno, toute négociation de ce type finit irrémédiablement par être violée. En effet, un dépendant rationnalise sa consommation, essentiellement en fonction du risque qu'il prend à être découvert. C'est pour cette raison que les célibataires consomment plus de pornographie, et que les dépendants profitent plus volontiers des absences ou du sommeil de leur compagne pour consommer. C'est aussi pour cette raison que l'on consomme généralement moins de porno au bureau que dans l'intimité de son petit chez soi.

Si votre compagnon ne ressent plus ce risque d'être découvert, il n'a plus de raison de contenir sa consommation. car après tout, si vous avez accepté deux heures de surf X par semaine, vous finirez bien par accepter deux heures et demie... la négociation vous expose à une double aggravation: celle de sa consommation, et celle de votre propre souffrance.

 

Enfin, un point plus spécifique concernant les dépendants ayant des relations extraconjugales. Certains d'entre eux pourraient être tentés d'expliquer qu'avoir une maîtresse serait une forme de catharsis à leur dépendance, un moyen d'exhorter leur tension sexuelle. Ils sollicitent donc de leur compagne, presque au titre de la sauvegarde du bien-être conjugal, le droit d'aller voir ailleurs.

 

Mais en acceptant l'existence d'une autre femme, même si votre ami vous assure que cette relation n'a qu'une simple dimension charnelle, vous l'installez au milieu de votre couple. Vous la rendez légitime, et à ce titre l'autorisez implicitement à sortir de l'ombre pour empiéter sur votre vie conjugale. Avant, votre compagnon utilisait les moments sans vous pour la voir en toute discrétion: désormais, il pourrait vous demander spécifiquement du temps pour ses moments avec elle! Tout cela ne va évidemment pas favoriser la reconstruction de votre propre union.

 

Que faire si mon compagnon, lui, ne reconnaît pas la réalité de sa dépendance?

 

Dans la grande majorité des cas, les compagnes de dépendants découvrent par elles-mêmes l'addiction de leur compagnon. Quelquefois, c'est par hasard. Mais le plus souvent, elles se doutaient de quelque chose, et ont cherché à connaître la vérité. Elles avaient en effet constaté que leur homme devenait de plus en plus distant et cachotier, comme s'il cachait une liaison extra-conjugale. Et c'est ainsi qu'elles font finir par tomber sur des éléments accablants: des collections de photos porno sur le PC, des traces de compte mails dédiés au surf sur les sites X, des enregistrements de tchats avec des modèles de liveshows.

 

Vous auriez sans doute souhaité que votre compagnon vienne de lui-même vous parler de son problème. De nombreuses raisons peuvent expliquer qu'il ne l'ait pas fait: honte, culpabilité, dégoût de lui-même, ou tout simplement peur de votre réaction. Peur de vous perdre aussi.

Ou peut-être que, tout simplement, votre compagnon lui-même ne soupçonne pas sa dépendance.

 

Mettez-le au défi d'arrêter de consommer de la pornographie pendant un mois

 

La prise de conscience de l'état de dépendance se fait en quatre temps: l'ignorance, le déni, l'acceptation puis la révolte. Si votre partenaire nie l'évidence ou vous soutient qu'il n'a aucun problème, mais que vous êtes pourtant convaincue du contraire, alors c'est tout simplement qu'il n'est qu'au tout début de sa prise de conscience.

Votre rôle va alors justement être de l'aider les plus rapidement possible à passer à l'acceptation, puis la révolte. Pour cela, mettez simplement votre compagnon au défi d'arrêter de consommer du porno, ne serait-ce qu'un mois. Après tout, si comme il le prétend encore, le porno serait inoffensif, ne devrait-il pas y arriver sans problèmes ?

Votre compagnon s'apercevra alors rapidement qu'il se sent comme en "état de manque". Sans possibilité de consommer du porno, il va devenir stressé, énervé. Lorsque vous sentez qu'il est submergé par l'état de manque, prenez le temps de lui parler, de lui demander comment il se sent. Demandez lui si, d'après lui, son état ne serait pas lié au défi que vous vous êtes lancé. Il prendra alors conscience qu'il a réellement un problème avec le porno, puisqu'il n'arrive pas à tolérer l'inaccès au contenu. Invitez-le alors à se rendre sur ce site et à simplement lire les premiers articles. Il comprendra que son état a un nom, mais qu'il peut s'en sortir.

 

Une fois la période de test terminé, et le problème reconnu, surtout pas de triomphalisme! La prise de conscience de son état d'addict peut être un moment délicat pour votre compagnon. Surtout ne le jugez pas. Dites-lui qu'avoir pris conscience de son état est déjà un bon point, et que vous ne le laisserez pas ce débattre seul face à ce problème. Incitez là à revenir lire les articles du www.pornodependance.com, et aussi à fréquenter le forum, afin qu'il voit qu'il n'est pas le seul, et surtout qu'il comprenne qu'il n'est pas "condamné".

 

La méthode du test a l'avantage de laisser le dépendant faire sa propre prise de conscience. Mais cela implique qu'il n'y ait pas de "triche" pendant le test. Certains vont feindre d'accepter le sevrage temporaire, mais continuer à consommer du porno en cachette.Si vous pensez que votre partenaire continue de consommer dans votre dos, alors surveillez-le, et tentez de le surprendre en flagrant délit. Soyez alors ferme avec lui, forcez le à reconnaître qu'il a un problème. Tant qu'il n'assumera pas, votre compagnon aura tendance à vouloir se déresponsabiliser, à vous accuser de violer son jardin secret. Ne soyez pas dupe: votre compagnon est juste furieux de s'être fait prendre la main dans le sac, et aussi un peu apeuré à l'idée de devoir faire face au sevrage. Tant que son problème n'était pas connu, il pouvait détourner le regard. Maintenant que vous savez, il n'a plus le choix, il ne peut pas faire machine arrière.

 

Invitez- le à se rendre sur le www.pornodependance.com et son forum

 

Vous êtes arrivée ici parce que vous soupçonnez, ou avez découvert la pornodépendance de votre conjoint. Invitez-le à prendre connaissance des informations figurant sur ce site. Peut-être cela va-t-il l'aider à faire face à son état, et à comprendre également qu'il n'est pas le seul à affronter ce type de problèmes.

Invitez-le aussi à lire le forum. Il pourra prendre connaissance des témoignages d'autres hommes dans le même cas que lui, mais aussi d'hommes dont le sevrage a bien avancé, voire dont le sevrage est accompli. Il pourra aussi lire les témoignages des compagnes de dépendants, ce qui pourrait l'aider à comprendre votre propre ressenti.

 

Pour se rendre sur le forum, il suffit de suivre ce lien, ou de cliquer sur le bouton "Forum" dans le menu en haut de l'écran. La lecture est ouverte à tous les visiteurs, sans nécessité d'inscription. Il faut par contre être inscrit pour pouvoir écrire un message. L'anonymat est une des règles du forum; aucune information autre que votre genre n'est nécessaire à l'inscription.

 

B. S'IL DESIRE SE CONFIER A VOUS, ECOUTEZ-LE

 

Votre compagnon ne peut garder pour lui tout seul, le poids de sa souffrance et de sa dépendance. Il aura inévitablement besoin d'en parler, de se confier.

Toutefois, tous les hommes ne vont pas tendre à parler ouvertement de leur dépendance avec celle qui partage leur vie. Parce qu'il y a la honte, le dégoût, la culpabilité. De surcroît, il est souvent plus facile pour un homme de parler de sexe, et de ses faiblesses, à un autre homme qu’à sa propre compagne.

Ne soyez pas vexée si votre compagnon ne se confie pas à vous. Toutefois, assurez-vous qu'il dispose bien d'un tiers de confiance à qui parler. S'il n'a personne, il peut toujours venir se confier sur le forum du site, en tout anonymat.

 

Mais si c’est à vous que votre compagnon a choisi de se livrer, ne le jugez pas, faites lui comprendre qu’il peut avoir confiance en vous. Ce que vous apprendrez va peut-être vous blesser ; mais si vous voulez vraiment l’aider, il vous faut vous y préparer. Votre compagnon a déjà pris conscience du tort qu'il vous a fait, montrez-lui que vous êtes prête à l'accompagner s'il désire changer. Evitez les jugements préconçus et culpabilisants. En vous parlant, votre compagnon accepte de vous exposer ses faiblesses, sa vulnérabilité, sa honte au grand jour. S’il sent que vous le jugez, il risque de se renfermer sur lui-même. Ce qui pourrait considérablement nuire au sevrage.

 

Parlez-lui de son état. Demandez-lui simplement ce qu’il ressent, pourquoi il a décidé d’arrêter. Demandez-lui quelles sont ses aspirations pour l’avenir, comment il se voit une fois guéri.

 

Si vous ne vous sentez pas assez forte pour ce rôle, faites-lui savoir simplement. Personne ne vous en voudra. Mais surtout, invitez votre compagnon à se confier à quelqu’un d’autre, en lui expliquant que vous ne vous voyez pas dans ce rôle. Il vous comprendra. S’il n’a personne, faites lui comprendre qu’il n’avancera pas en gardant pour lui ce qu’il ressent, les sentiments qui l’habitent.

 

Toutefois, ce n’est pas parce que vous n’êtes pas la confidente, que vous n'avez pas le droit de vous sentir concernée par le problème. Posez toutes les questions qui vous sont nécessaires, pour comprendre la situation.

 

C. (SUR)VEILLEZ

 

Assister son compagnon sur le chemin de la guérison, c’est aussi vérifier qu’il fait bien ses devoirs ! Faites-lui comprendre que vous allez « veiller » sur lui, pour son bien.

Vérifiez bien qu’il n’achète plus de matériel pornographique, ni n’en consulte sur Internet; ce sont des vérifications simples à effectuer.

Vous pouvez également être la seule à connaître le mot de passe du logiciel de filtrage installé sur le PC (en savoir plus sur les logiciels de filtrage)

 

Lorsque vous constaterez qu’il n’y a effectivement plus de matériel pornographique dans sa vie, vous commencerez à reprendre confiance en lui. Il reste évidemment le risque que ce dernier consulte de la pornographie en dehors du domicile ; mais dans ce cas, que vous veillez ou pas n'y change rien!

Et si vous tombez sur du matériel pornographique, n’attendez surtout pas pour en parler. Demandez à votre ami d’analyser les causes de cette rechute, et analysez ensemble comment repartir du bon pied. Ne perdez pas d'esprit qu'il est très difficile pour un dépendant de s'arrêter, et qu'une rechute est toujours possible (en savoir plus).

 

Enfin, ne tombez pas dans le piège du "jardin secret". Votre compagnon, pris sur le vif, pourrait feindre de s'offusquer de vos recherches, de vous expliquer que vous n'aviez pas le droit de fouiller dans ses affaires, qu'il s'agissait de son intimité, etc. Il pourrait aussi déplorer le "manque de confiance" que vous lui témoignez.

Ce sont des réactions d'enfants pris en faute. Votre compagnon s'en veut surtout à lui-même, au mieux de ne pas avoir réussi un sevrage qu'il aurait voulu accomplir seul, et au pire, de ne pas avoir réussi à vous cacher son échec. Il comprend votre démarche, même s'il ne veut pas forcément le montrer, principalement par fierté. Expliquez-lui que vous ne cherchiez pas à le piéger, mais juste à l'aider. Que vous vous faites du souci pour lui et pour votre couple. Ne lui cachez pas que cette situation vous pose problème, mais expliquez-lui aussi que croyez possible pour votre couple de dépasser cette difficulté.

 

COMMENT GERER LES EPISODES DE COLERE QUE SONT LES "CRISES DE MANQUE" ?

 

Durant son sevrage, votre compagnon connaîtra peut-être des épisodes de colère aigüe, dont vous serez bien malgré vous les témoins "privilégiés".

 

La pornodépendance entraîne chez l'addict une certaine ambivalence: il y a d'un côté l'homme de tous les jours, celui qui partage votre vie; et de l'autre, il y a celui qui consomme du porno. Durant le sevrage, la facette "dépendant" joue sa survie, et va se défendre en faisant passer le pornodépendant par toutes sortes d'états pulsionnels. Par épisodes, ces pulsions arrivent à prendre le dessus; l'addict semble alors perdre pied. Et lorsque l'état de manque se fait trop dur, un épisode de colère aigüe peut apparaître pour exprimer cette souffrance.

 

Dans de tels épisodes, le dépendant va manifester sa frustration par un discours nerveux, brouillon. Il va même peut-être souhaiter mettre un terme à votre couple, car il ne voit alors que cette seule issue comme échappatoire à sa douleur - la présence à la maison d'un conjoint hostile à la pornographie, étant alors interprété comme une entrave à la consommation.

 

Bien entendu, le dépendant ne pense pas réellement à rompre - si c'était effectivement son souhait, il l'aurait fait avant de se lancer dans un sevrage délicat. Le dépendant est simplement victime d'une "crise de manque", qui lui fait perdre temporairement toute rationnalité. Ces épisodes ne sont que des manifestations pulsionnelles, dont il ne faut pas tirer trop de conséquences. Durant ces épisodes, il est inutile d'argumenter; mieux vaut tenter de calmer votre compagnon en adoptant un ton calme et posé, afin de le "ramener sur Terre"; et à défaut, de refuser d'être la cible de son agressivité, en quittant simplement la pièce par exemple.

 

Ce type d'épisodes de colère reste relativement court, et les choses reviennent rapidement à leur calme; la raison finit par reprendre le dessus, le dépendant réalise quelle folie aurait été d'interrompre une union à laquelle il tient juste pour pouvoir consommer du porno. Lorsque le calme est revenu, ne blâmez pas le dépendant pour cet épisode qui l'a dépassé - lui même se sent d'ailleurs déjà fautif de s'être laissé emporter. Dites lui que vous comprenez que sa frustration ait pu temporairement prendre le pas sur ses bonnes résolutions, mais demandez lui de combattre cet état à l'avenir. Demandez-lui aussi de continuer à rester rigoureux dans son sevrage, car tel est le prix à payer pour que votre couple retrouve une certaine concorde.

 

 

 

D. REFUSEZ QUE LA PORNOGRAPHIE CONTINUE D'ALTERER VOTRE VIE SEXUELLE

 

Votre vie sexuelle subit sans doute les effets de la pornographie. Par exemple, vous avez constaté que votre compagnon avait avec vous une sexualité très mécanique, manquant cruellement de tendresse et d'affection. Ou alors, vous subissez la diminution de sa libido, tandis que son attrait pour les actrices X, lui, est intact.

 

Peut-être même votre compagnon a t-il recours à de la pornographie à l'occasion de vos rapports sexuels: pour s'exciter, avant ou pendant l'acte. Peut-être vous-a-t-il déjà proposé de regarder ensemble un film pornographique avant de faire l'amour, afin de vous "exciter" mutuellement. Refusez que ces comportements continuent. Soyez intransigeante à ce titre, car le sevrage est à ce prix. Exigez de votre compagnon une sexualité plus tendre, plus attentive à vos propres désirs. Exigez aussi qu'il soit plus attentioné lors des préliminaires; ce sont eux qui construisent votre désir et permettent d'animer vos ébats.

 

Refusez qu'il vous filme ou qu'il vous photographie pendant vos rapports sexuels, sauf si c'est également un de vos propres fantasmes: car il s'agit essentiellement là pour votre compagnon de prolonger l'obsession pornographique par l'entremise d'un écran entre votre corps et le sien.

 

Refusez également les propositions du type "exhibitionnisme par webcams", sauf si là aussi vous êtes personnellement excitée par cette perspective. Car de manière générale, s'exhiber à un autre que son compagnon, c'est faire sortir encore plus votre sexualité du duo conjugal, ce qui ne va pas faciliter la réconciliation de vos libidos respectives.

 

Votre compagnon doit se souvenir que faire l'amour, ce n'est pas "baiser". Faire l'amour, ce n'est pas une compétition, où chacun chercherait à épater l'autre en déballant le catalogue des poses sexuelles qu'il a vues dans des films ou dans des revues porno. Faire l'amour, c'est avant tout et surtout une affaire de respect, de complicité et de tendresse. Votre compagnon doit absolument s'en souvenir; à vous d'exiger qu'il le montre, en multipliant les attentions à votre égard.

 

En retour, soyez patiente avec lui. Les hommes pornodépendants font appel à la pornographie pendant l'acte sexuel, car ils ne sont que peu capables, voire incapables d'aboutir à une érection suffisante sans cette stimulation. Vous risquez donc d'observer, pendant les premiers moments du sevrage, une baisse de la qualité des érections de votre ami. Mais cette baisse est temporaire. La qualité de ses érections va finir par revenir, grâce à l'arrêt du visionnage et de la masturbation.

 

Il faut juste laisser le temps nécessaire à votre compagnon, pour que son et son esprit réapprennent à chercher leur excitation là où ils devraient la trouver: dans le fait de faire l'amour avec une personne qui l'excite, et pour laquelle il éprouve plus qu'une simple attirance physique.

 

Selon le niveau de dépendance de votre compagnon, le temps nécessaire peut varier. Certains dépendants retrouvent des érections de qualité satisfaisante dès l'arrêt des épisodes de masturbation; d'autres ont besoin de plus de temps. Mais si votre compagnon suit son sevrage avec rigueur, vos rapports finiront par redevenir satisfaisants.

 

N'oubliez pas cependant, que ce temps d'impuissance peut être source d'angoisse pour votre ami, car il pourrait avoir peur que "cela" ne "refonctionne" jamais. Rassurez-le. Rappellez-lui que ses troubles ne sont que temporaires, que vous n'avez aucune inquiétude à ce sujet. Rappellez-lui que sa dépendance n'est pas incurable, et qu'au final, votre désir l'un pour l'autre n'en ressortira que grandi.

Encouragez votre compagnon dans ses efforts. Faites-lui remarquer que vous appréciez sa tendresse, que vous aimez qu'il prenne soin de vous lors de vos rapports sexuels. Dites-lui que vous êtes impatient de pouvoir refaire l'amour avec lui "comme avant", c'est à dire avant qu'il ne soit dépendant. Expliquez-lui que cela ne vous gêne pas d'attendre, mais que vous attendez de lui qu'il ne relâche pas ses efforts pour y arriver.

 

 

TEMOIGNAGE DE LEA, COMPAGNE DE DEPENDANT, 10/10/10

 

"Pour une fois, le message que vous allez lire est un témoignage d'espoir. Je voudrais dire à toutes les femmes victimes de la dépendance de leur conjoint que si ils les aiment et prennent vraiment conscience des conséquences désastreuses de cette terrible addiction, il y a moyen de s'en sortir.

 

Un an de souffrance, de malaise sans pouvoir mettre une signification ni des mots sur le problème sexuel entre nous. La révélation il y a 6 semaines, le choc,la prise de conscience brutale du risque de tout perdre, le passage par tous les états possibles pour lui comme pour moi. Et puis la décision de tout faire pour s'en sortir, l'aveu sincère et total à un thérapeute...

 

6 semaines difficiles, lourdes en émotion mais qui nous ont rapprochés infiniment. Avant, il ne me touchait que rarement, il n'arrivait pas à me désirer malgré son amour pour moi. Il faisait l'amour mécaniquement,sans communiquer vraiment avec moi, il était ailleurs, il ne touchait pas mon corps, c'était comme si il ne l'aimait pas...

 

Et depuis.....une lente et en même temps fulgurante évolution, des petits détails de mon visage, la courbe d'un sein qu'il remarque pour la première fois, un baiser passionné les yeux dans les yeux...

 

Pour arriver cette nuit à un moment inoubliable, des heures de découvertes mutuelles, de jeux avec mon corps, enfin regardé, enfin aimé, enfin choyé. Un désir fou, puissant, un amour charnel mêlé à toute la tendresse du monde et à d'émouvants "je t'aime".

 

Cette nuit, j'ai été la femme la plus heureuse du monde, heureuse à en pleurer...

 

Bien sûr, je sais qu'il est encore loin de la guérison, qu'il y aura des rechutes, des moments encore plus difficiles...Mais aujourd'hui j'ai l'espoir fou qu'il devienne un ex-dépendant (...)"

 

Témoignage issu du forum du www.pornodependance.com

 

 

N'oubliez pas toutefois, que le retour à une libido satisfaisante ne marque pas l'aboutissement du sevrage, mais juste une étape de réussie. Votre compagnon doit bannir le porno de toute son existence, et pas seulement de son lit conjugal. Sinon, le sevrage ne sera fait qu'"à moitié", et le risque de rechute de la qualité de vos rapports est grand.

 

Je vous invite donc à prendre connaissance des conseils de la page "Comment se sortir de la pornodépendance", qui vous aidera à faire sortir toute forme de pornographie de la vie de votre conjoint.

 

II. NE VOUS EFFACEZ PAS DEVANT LE DEPENDANT

 

A. NE CULPABILISEZ PAS: NON MESDAMES, VOUS N'Y ETES POUR RIEN !

 

Vous allez sans doute vous demander: mais que trouve-t-il dans la pornographie que je ne lui apporte pas? Inquiète, vous allez peut-être vous dire que votre compagnon s'est rapproché de la pornographie parce que vous n'arriviez pas, ou plus, à le satisfaire sexuellement. Ce sentiment sera le cas échéant renforcé par le discours de défaussement du dépendant; pris sur le fait, votre compagnon pourrait en effet rentrer dans la faille qu'il voit se dessiner en vous, et tenter d'expliquer son addiction par une hypothétique insatisfaction de sa vie sexuelle.

 

Ne vous laissez pas culpabiliser. Nombre d’hommes sont tentés de se justifier, en disant qu’ils sont tombés dans la pornographie à cause de problèmes de couple (problèmes relationnels ou sexuels). Ce n’est pas vrai. La pornographie ne peut remplacer le dialogue qui doit exister dans les couples. De plus, chercher un bouc émissaire à ses problèmes, est surtout un moyen de fuir ses responsabilités.

Mesdames, sachez que vous n'y êtes pour rien. Affronter en face sa dépendance n'est pas facile, aussi le dépendant essaiera-t-il parfois de fuir ses reponsabilités et de se déculpabiliser. Il va alors chercher des causes extérieures à son mal-être; et comme vous êtes la personne la plus proche dans sa vie, c'est vers vous qu'est pointé son réquisitoire. Alors que jusqu'ici vous ne lui connaissiez pas de frustration sexuelle, vous le découvrez dépendant et vous accusant de ne pas être capable de le satisfaire!

 

Rassurez-vous, vous n'êtes pour rien dans sa dépendance. Le pornodépendant trouve dans le X l'excitation de la nouveauté, de la disponibilité infinie des corps. Le sexe y est spectaculaire, hors normes. Le seul plaisir qui compte est celui qui se visionne; il n'y a pas non plus à "respecter" le modèle du film pornographique pour faire virtuellement l'amour avec lui ou elle. La sexualité de la pornographie est tout bonnement l'inverse d'une sexualité de couple, basée sur l'échange, le respect, l'affection réciproque.

 

Et quand bien même votre compagnon aurait dans "la vie réelle", accès à cette sexualité débridée qui semble tant le faire fantasmer... eh bien, il continuerait très vraisenblablement à consommer du porno. Parce qu'en tant que dépendant, il ressent le besoin irrépressible d'aller vers le produit de son addiction. Vous pourriez donc être la plus belle femme du monde et la meileure amante au lit, que votre compagnon continuerait d'aller sur des sites X. Votre homme pourrait être en couple avec son actrice X favorite, qu'il continuerait de consommer encore et toujours du porno! Inutile donc d'avoir des doutes sur vos talents d'amante. Et si vous, vous trouvez justement que votre propre vie sexuelle manque de piment, souvenez-vous que la sexualité du pornodépendant est assez souvent " bas de gamme": mécanique, froide, sans passion, parce que complètement calquée sur ce que montre la pornographie. Il est fort à parier qu'une fois le sevrage de votre compagnon suffisament entamé, vous notiez déjà des progrès dans votre vie sexuelle conjugale.

 

Ne vous identifiez surtout pas aux modèles pornographiques. Rien ne vous empêche bien sûr, si vous le souhaitez, de pimenter votre vie sexuelle. Mais n'oubliez jamais qu'une sexualité se vit toujours à deux: en vous forçant à faire quoique ce soit, vous ne feriez qu'accélérer la destruction de votre couple. Car ce qui vous différencie des poupées pornographiques, est bien le respect, la confiance que place en vous votre compagnon. Ne perdez pas cela en essayant de vous rapprocher des prouesses de ces icônes virtuelles.
Vos relations sexuelles ont peut être « évolué ». Votre compagnon est peut être moins tendre, plus « exigeant ». Cela est aussi une conséquence de la pornographie. Evidemment, ne faites surtout rien que vous ne voulez faire. Avec le temps, sur le chemin de la guérison, vous retrouverez votre harmonie sexuelle.

 

Il est vrai q'une certaine misère sexuelle peut entraîner à la pornographie. Mais ça ne peut être la seule raison. De plus, on ne guérit pas de la pornographie uniquement par une vie sexuelle épanouie! Nombre d’hommes ont des problèmes de dépendance à la pornographie depuis l’adolescence, soit bien avant leur rencontre avec leur compagne.

Si votre compagnon continue de vous faire porter la responsabilité de sa dépendance, et si vous en souffrez réellement, faites lui comprendre que vous n’êtes pas près de rentrer dans ce jeu, et que par cette attitude, c’est votre propre union qu’il met en péril.

 

TEMOIGNAGE DE PORNEND, DEPENDANT EN COURS DE SEVRAGE, 28 MAI 2012

"Un jour, j'ai eu une copine assez portée sur le sexe, même plus que moi. Et bien, cela ne m'a pas empêché d'aller sur des sites porno, et de me masturber sans elle. Comme quoi, ce n'est pas lié à un manque, ou un rejet de l'autre partenaire, mais d'un sentiment plus profond."

 

TEMOIGNAGE DE HEBUS, DEPENDANT EN COURS DE SEVRAGE, 28 MAI 2012

 

"Effectivement même si on avait fait l'amour récemment avec ma femme (genre la veille), il m'arrivait dès le lendemain de me masturber avec ou sans support vidéo. Je mettais ça sur le compte qu'il y avait eu une longue période d'abstinence avant et que "je n'avais pas eu mon compte", que j'avais vraiment apprécié et que comme la prochaine fois serait bien loin, j'espérais peut-être retrouver les sensations que j'avais eues avec ma femme (jamais retrouvées bien évidement)"

 

Témoignages issus du forum du www.pornodependance.com

 

 

B. NE VOUS SACRIFIEZ PAS

 

Il est normal de vous sentir trahie!

La majorité des femmes ignorent les penchants pour la pornographie de leur compagnon, car celui-ci s’isole logiquement lorsqu'il en consomme. Lorsqu’elles finissent par le découvrir, au détour d’un historique mal effacé ou d'images qui traînent sur le disque dur, elles ont l’impression d’avoir vécu dans le mensonge, d’avoir été trahies.

 

Nombre de femmes se sentent délaissées par leur compagnon, quand celui-ci s’isole pour s’adonner à son vice. Beaucoup, et c’est compréhensible, ont l’impression d’être trompées, par la relation qu’entretient leur compagnon avec les icônes virtuelles de la pornographie. Rappelons que la pornographie, ce n’est pas uniquement un visionnage passif : cela peut être également la fréquentation de liveshows, où des femmes bien réelles, derrière leurs webcams, se dénudent en direct.

 

Ce type de réaction est parfaitement normale. La consommation de pornographie n’est pas anodine, une véritable relation se crée avec les modèles visionnés.

Si vous estimez devoir mettre un peu de distance dans votre union, faites-le. Mais ne faites pas de la consommation de pornographie une cause de rupture. Du moins, sans avoir laissé à votre compagnon la chance de changer, de guérir.

Si vous ne ressentez plus de désir sexuel pour votre compagnon, à l’idée qu’il ait consommé de la pornographie, alors expliquez-le lui. Vous n'avez évidemment pas à vous forcer! Cela sera sans doute dur à accepter pour lui, car à cause de sa dépendance, il est poussé vers le sexe. Mais en agissant ainsi, vous donnez le plus de chances à votre couple.

 

Ne vous effacez pas devant la dépendance de votre mari.
Je le répète encore, il est normal que vous soyez affectée par la situation. Faites part à votre compagnon de vos souffrances, sans toutefois chercher à le culpabiliser. Il comprendra le mal qu’il vous a fait, mais que malgré tout, vous êtes prête à l’aider.

Si vous avez des exigences, formulez-les. Votre compagnon est bien assez grand pour comprendre que votre souffrance exige des "compensations".
Evitez les ultimatums du type « tu arrêtes maintenant ou je te quitte». Il s’agit d’une véritable dépendance, qui exige de la volonté, du temps, et qui va entraîner votre compagnon sur une route difficile. Même avec la meilleure volonté du monde, il lui faudra sans doute du temps et du soutien pour arrêter complètement. Ne pensez pas à la rupture avant d'avoir laissé une chance à votre compagnon de changer.

Vous devez exiger de lui qu’il arrête, mais il faut également lui laisser le temps nécessaire pour cela.


Si vous vous sentez trahie, faites comprendre à votre compagnon que quelque chose a été brisé, mais que justement, vous êtes prêt à le reconstruire, s’il y met du sien en se soignant. Il n’est pas nécessaire d’accorder le pardon à votre compagnon pour qu’il puisse guérir ; il est toutefois vital de lui faire comprendre que vous êtes prête à lui accorder s’il fait les efforts nécessaires.

 

POURQUOI LUI N'A-T-IL PAS LE SENTIMENT DE M'AVOIR TROMPEE ?

 

Pour vous, les choses sont très claires. Que ce soit en consommant du porno en cachette, en prenant du plaisir devant ces photos d'autres femmes dénudées, ou bien en se masturbant devant le modèle d'une webcam, votre compagnon vous a trompée. Vous vous en sentez en effet trahie, tout comme si sa peau avait touché pour de vrai celle d'une autre femme.

 

Mais lui, de son côté, ne semble pas du tout l'analyser de la même façon. Quand vous essayez d'expliquer votre douleur à votre compagnon, ce dernier n'arrive pas à vous comprendre; pour lui, l'aspect virtuel de cette "sexualité" particulière rend inapplicable le concept même d'adultère. Bref, pour lui, il ne vous trompe pas, puisque rien ne sort du cadre du virtuel, puisque les corps ne se rencontrent jamais réellement. Là où vous voyez des sexes, lui ne semble voir que des pixels.

 

Pourquoi dépendants et compagnes de dépendants font-ils des lectures si différentes de la consommation de pornographie?

 

Pour les dépendants, le porno est essentiellement percu comme l'accès à une forme de sexualité solitaire, indépendante de celle du couple. Le dépendant n'observe pas dans la bouillie des pixels triple X une quelconque réalité des corps; ce qui défile sous ses yeux ne sont pour lui que des voies d'accès à des exultoires à ses pulsions, des mises en scènes conçues pour l'exciter. Le fait qu'il y a de véritables corps, de véritables femmes derrière les images est une réalité qui a fini par lui échapper peu à peu. Voilà pourquoi, pour le dépendant, consommer du porno n'est pas tromper. A titre d'exemple, sur le forum de ce site, on ne trouve pas -à ma connaissance du moins - de témoignages d'hommes ayant précocémment analysé leur consommation comme une forme d'adultère. Les dépendants qui admettent que leur consommation constitue une forme d'adultère, en ont généralement pris conscience après avoir été découverts par leur amie, avoir été confrontés à sa souffrance, et avoir compris qu'un véritable péril pesait sur l'avenir de leur couple.

 

Les compagnes, quant à elles, ne sont pas dans ce rapport distancié vis-à-vis des contenus pornographiques. Les compagnes voient dans ces images, ces vidéos, les corps bien réels de femmes avec lesquelles leur ami a eu des simili-rapports sexuels. Cette approche des choses est la plus logique; imaginez que l'actrice X de l'écran soit là, devant le dépendant, en chair et en os à se masturber; tout le monde y verrait une forme de tromperie vis-à-vis du partenaire légitime. Pourquoi l'entremise d'un écran abolirait la trahison?

 

 

 

"J'AI ENVIE DE LE QUITTER MAIS JE L'AIME..."

 

Suite à la découverte de la consommation de pornographie de votre compagnon ou face à l'échec de ses tentatives de sevrage, une part de vous va probablement haïr votre partenaire.

Cette réaction est très logique. Parce que la situation vous fait souffrir, et parce que vous vous sentez trahie, humiliée. Parce que votre conjoint semble, du moins en apparence, faire face à ses difficultés avec beaucoup de distance, comme si vous étiez la seule à prendre pleinement conscience de la gravité de la situation.

 

Deux choses importantes sont à retenir ici:

- Tout d'abord, n'oubliez pas que le déni peut être pour le dépendant une véritable montagne à franchir. La négation ou la minoration de l'état de dépendance sont des artifices qu'utilise le dépendant pour échapper à la réalité de sa condition. Cela lui permet de ne pas avoir à affronter la honte de s'être laissé piéger, comme tant d'autres, par la pornographie. Voilà pourquoi vous aurez parfois l'impression d'être la seule à mesurer l'ampleur des dégâts.

- Ensuite, n'oubliez pas que le dépendant est double: il y a l'homme que vous avez toujours aimé, et celui qui consomme du porno. Deux hommes très distincts. Vous réalisez que, depuis plusieurs années peut-être, vous ne vivez pas uniquement avec le premier, mais aussi avec le deuxième. Le choc est dur à encaisser! Cette dualité du comportement de votre partenaire, vous la vivez aussi à votre manière: vous détestez le dépendant mais aimez toujours le compagnon.

Certes, cette bivalence est dur à vivre, et vous ne savez peut être pas si vous êtes prête à vous en accomoder pour le moment, et à pardonner ses années de consommation cachée. Cette réaction est tout à fait compréhensible, personne ne peut vous en blâmer.

 

Si malgré plusieurs sevrages, votre compagnon n' arrive toujours pas à ralentir sa consommation, et que vous souffrez de cette situation, alors il faudra commencer à procéder à votre propre examen de conscience. Votre souffrance est-elle supérieure à l'amour que vous portez pour lui? Si oui, c'est que vous vous retrouvez dans la situation classique de tout couple, dont l'un des deux trouve que la relation lui est devenu toxique. Il faut savoir, à un moment ou un autre, s'il vaut mieux persévérer malgré tout dans l'espoir de jours meilleurs, ou savoir dire stop pour remettre sa propre vie sur des rails plus sains.

 

Si après mûre réflexion, vous songez à quitter votre compagnon, dites-le lui. Ne gardez pas pour vous cette rancoeur. Criez à votre compagnon vos peurs et vos doutes. La peur de vous perdre pourrait être l'électrochoc salutaire afin de le lancer sur la voie d'un sevrage réussi.

 

Et si votre compagnon prend vos menaces de départ avec indifférence ou dérision, s'il ne tente pas le moindre sevrage... Cela a finalement plus à avoir avec le respect qu'autre chose. Si votre propre douleur le laisse de marbre, si vous ne voyez dans son comportement aucune volonté de changer, c'est que votre histoire n'a plus à ses yeux, la même importance qu'aux vôtres. Votre compagnon n'a toujours pas franchi l'étape du déni, et ne la franchira peut être jamais, malheureusement. Dans ces conditions, personne ne pourra vous reprocher d'être partie.

 

Mais pour partir sereine, il est fondamental que vous ayez fait auparavant avec votre compagnon le tour de toutes les méthodes de sevrages possibles.

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C. VOUS AUSSI, VOUS DEVREZ SANS DOUTE EN PARLER

 

Vous vous sentez sans doute vous-même profondément touchée par la dépendance de votre compagnon. Cela est tout à fait normal! La pornographie ne fait pas souffrir que le dépendant, elle entraîne également dans son sillage son entourage. Les compagnes de dépendants sont au premier rang des victimes collatérales.

 

Ne gardez pas pour vous ce que vous ressentez. Confiez-vous à un tiers de confiance.

 

Vous pouvez aussi choisir de vous confier à un thérapeute, ou un psychologue. Méfiez-vous cependant de ceux qui vous proposent aussitôt de vous lancer dans une thérapie de couple : le plus souvent, ils ne voient en la consommation de pornographie, que le signe d'existence d'autres problèmes sexuels. Or, rien n'amène irrémédiablement à la pornographie. Il arrive en effet que certaines thérapeutes de couple cherchent à culpabiliser la femme, coupable selon eux d'une trop grande passivité sexuelle. Les effets de tels discours sont néfastes: les compagnes ressortent démoralisées des séances, tandis que les dépendants, eux, voient leur addiction légitimée. Aussi, si vous ne pensez pas que votre vie sexuelle "d'avant" souffrait de platitude, si vous ne pensez pas que votre conjoint ait pu être frustré dans vos bras, alors ne vous laissez pas endormir par les discours culpabilisateurs.

 

Souvenez-vous, vous n’êtes pas seule. Des milliers de femmes avant vous se sont retrouvées dans cette situation. Et le problème va en grandissant, avec la normalisation du porno via Internet. Votre souffrance est donc légitime; vous avez le droit qu'on reconnaisse votre mal-être et votre besoin urgent d'en parler.


Sur le forum de ce site, une rubrique est spécialement dédiée aux compagnes de dépendantes. N'hésitez pas à vous y rendre. Vous pourrez y lire les témoignages de femmes qui, comme vous, doivent faire face à la dépendance de leur conjoint. Vous pourrez également y laisser, en tout anonymat, votre propre témoignage. Votre souffrance y sera écoutée avec autant d'attention que celle des dépendants.

 

"J'AI PEUR POUR MES ENFANTS..."

 

Sur le www.pornodependance.com, des questionnaires sont proposés, et l'un d'entre eux est destiné aux compagnes dépendants. Une des questions posées est la suivante: "Craignez-vous que vos éventuels enfants pâtissent de la situation?"

Les derniers résultats (février 2016) sont assez édifiants: 72,36% des répondantes ayant des enfants déclarent craindre un effet négatif de la dépendance de leur compagnon sur leur progéniture.

 

Les témoignages du forum du www.pornodependance.com confirment également cette peur pour leurs enfants des compagnes ayant découvert la dépendance de leur conjoint.

 

Il est connu - et vrai - que la plupart des auteurs d'abus sexuels sont des consommateurs de pornographie. Les pédophiles se servent du porno pour s'exciter. Et lorsque l'excitation les dépasse, ils passent à l'acte. La pornographie a donc très souvent un rôle dans les abominations des pédophiles, sans toutefois déresponsabiliser ces derniers.

 

Mais n''inversons cependant pas cause et effet!. Le porno exacerbe les pulsions, amplifie les déviances du dépendant, entraîne de nouveaux fantasmes, mais ne transforment pas les dépendants en pédophiles. La pédophilie est une maladie psychatrique lourde, une déviance sexuelle. L'individu normal ne ressent pas d'attirance sexuelle pour les enfants. On ne devient donc heureusement pas pédophile aussi facilement.

 

Pour vous en rendre compte, sondez le disque dur de votre ami, ou bien sa collection de magasines porno. Vous constaterez très probablement que même si il a accumulé des tonnes et des tonnes de contenu de toutes sortes, il n' a sans doute pas en sa possession de matériel pédopornographique.

 

Mais si jamais vous découvrez dans les affaires de votre ami du contenu pédopornographique... Ayez la réaction qui s'impose; mettez vos enfants à l'abri. L'attirance de votre compagnon pour les enfants ne datent pas de sa dépendance. S'il n'est pas encore passé à l'acte, il en est sans doute fortement tenté.

 

Je rappelle que la simple détention de matériel de pédopornographie est en soit un délit. Vous êtes donc légalement tenu de dénoncer quiconque en aurait en sa possession. Du seul point de vue moral, vous ne devez jamais non plus laisser l'omerta s'imposer sur ce type de sujet. Les enfants qu'on voit dans les contenus pédopornographiques, ont très souvent été enlevés, drogués et violés. En gardant le silence, vous devenez complice de cette industrie infâme.

 

Si vous désirez obtenir plus de renseignements sur la pédopornographie sur Internet, je vous invite à lire l'article dédié.

 

 

 

AFREG. 7 ème version de l'article - décembre 2016.

 

 

 

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